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Portraits

MORISELUM en 936
MORISEULLE en 1579
MORISELLE en 1692
MORISI en Picard

Le nom de MORISEL (cité à partir du 10e siècle) signifierait
«le Petit Marais».
Le village est borduré par la rivière l’AVRE qui, au 18e siècle s’appelait l’AVREIGNE.
Il est situé au pied de collines dont la plus haute atteint 104m.

Epidémie de Peste, en 1668.

Le 25 mai 1814, les Cosaques qui bivouaquaient à MONTDIDIER, suite à plusieurs escarmouches avec des soldats français et des paysans, se ruèrent sur MORISEL et incendièrent toute une rue du village, appelée par la suite...rue Neuve.

Epidémie de Choléra, en 1849, qui fit 66 morts.

En 1870, présence des Ulhans dans le village. Très méfiants envers les habitants, ils leur faisaient goûter l’eau avant d’abreuver leurs chevaux.

Détruit en totalité lors de la Grande Guerre, le village de MORISEL fut évacué le 28 mars 1918 et «adopté» par la ville de Condé-sur-Noireau.
23 soldats y ont donné leur vie pour la FRANCE.
Reconstruit dès 1920.

 

CHÉS CAOUINS DE MORISEL

Cette appellation est qualifiée de “Blason Populaire”.
MORISEL, jouxtant la “Cité de la BONNETERIE” qu'était MOREUIL rassemblait de nombreux “badestamiers” (faiseurs de bas à domicile). Après une longue journée de travail, ils attendaient la nuit pour aller boire un verre au café du village (qui n'existe plus...), où ils retrouvaient les “ménagers” (petits propriétaires de quelques lopins de terre. S'ils attendaient la nuit, c'était pour mieux cacher leurs vêtements de travail souvent souillés. D'où le surnom de “chats-huants”, ceux qui ne sortent que la nuit, ou CHES CAOUINS en Picard.
De nos jours, ce “Blason Populaire” a été repris par le Club des Boulistes de MORISEL.

 

Les BADESTAMIERS

La Picardie a connu un très fort peuplement au milieu du XIXe siècle, où les densités rurales dépassaient souvent 80 habitants au kilomètre carré. C'est que le travail des champs s'accompagnait d'une grande diffusion des fabrications artisanales. En 1850, la Somme comptait au moins 40 000 ouvriers à domicile contre 12 000 en ateliers et en usines. Le textile, grâce aux ressources en lin et chanvre faisait vivre bien des ménages. La laine, notamment, était travaillée par des "badestamiers", qui faisaient des bas à partir de longues fibres de peigné (bas d'estame).

 

Citation à l’Ordre de l’Armée

extrait du Journal Officiel du 6 novembre 1920, page 17854
Le Ministre de la Guerre cite à l’Ordre de l’Armée la localité suivante : MORISEL du département de la Somme.
«Courageuse citée, située dans la zone de bataille, dont les habitants ont eu leurs biens saccagés et leurs demeures anéanties.
Dans les épreuves, et en particulier au cours des combats de 1918, ont toujours montré la plus ferme confiance et le plus ardent patriotisme.
A bien mérité du Pays.
Paris, le 30 octobre 1920
André LEFEVRE

 

Compte rendu sur l’attaque du 68e Bataillon de Chasseurs Alpins et la prise de Morisel et de Moreuil
8 août 1918


L’attaque menée le 8 août par le 68e Bataillon de Chasseurs Alpins s’est exécutée conformément aux dispositions prévues dans les différents plans d’engagement, et tous les objectifs fixés ont été atteints.

Mise en Place.
Exécutée dans la nuit du 7 au 8 août, la mise en place a été terminée à 2 h. 30’. Elle s’est faite au milieu des difficultés résultant de la très grande obscurité sur un terrain totalement inconnu des Chasseurs, de la proximité immédiate de l’ennemi et de ses tirs de harcèlement incessants.

Réaction ennemie avant « H. »  
L’ennemi a réagi sur nos parallèles de départ et leurs arrières immédiats par son artillerie et surtout ses mitrailleuses. Entre le lever du jour et H. (6 h. 35’) aucun mouvement n’a été possible.

Développement de l’attaque.
a) Prise de Morisel
-
Le Plan d’engagement comportait : Une attaque de deux compagnie et 3 S. M. débouchant des lisières Est du Bois Billot, ayant pour premier objectif Morisel,
Une attaque de 1 compagnie et 1 S. M. débouchant du Bois Warlet, ayant ce même premier objectif.
Entre ces deux attaques, 1 section de liaison ayant pour mission de prendre à revers les défenseurs du Ravin Nord du Bois du Billot.
Une compagnie (moins une section) et 2 S. M. réserve du Commandant du Bataillon dans les parallèles de départ des lisières Est du Bois du Billot.

Le débouché des parallèles s’est effectué d’un bond, derrière notre barrage roulant et malgré les feux de l’artillerie et des mitrailleuses allemandes.
A droite, la 8e Compagnie (Capitaine Odru) enlève le cimetière de Morisel et pénètre dans ce village par la partie S.-E. Mais une mitrailleuse ennemie installée dans le Chemin Creux, Castel-Morisel gène la progression de sa gauche. Le capitaine Odru se porte personnellement contre elle, tue les mitrailleurs sur leur pièce et s’installe dans Morisel où il va couvrir le flanc droit du Bataillon pendant sa progression sur Moreuil.
Au centre, la 6e Compagnie (lieutenant Chopy) nettoie à l’aide de lance-flammes les abris du Chemin Creux Castel-Morisel, entre dans Morisel par l’Ouest, en réduit les défenseurs et ne s’arrête qu’en bordure de l’Avre. Comme le capitaine Odru, le lieutenant Chopy marchant à quelques mètres en avant de sa première vague, tue sur leur pièce les servants d’une mitrailleuse (installée à la carrière 11.33) qui gênait la progression de sa Compagnie.
La section de liaison (9e Compagnie) prend à revers les défenseurs du Chemin Creux Castel-Morisel, tendant la main à la Compagnie débouchant du Bois Warlet.
A gauche, la 7e Compagnie (lieutenant Regnault) malgré la très vive résistance qu’elle rencontre à son débouché du Bois Warlet (mitrailleuses installées dans des abris du Chemin Creux Castel-Morisel) arrive sur l’Avre d’un seul bond, tuant ou capturant tout ce qui résiste sur son passage.

L’attaque ayant débouché à 6 h. 35’, la totalité de Morisel était en notre possession à 7 h. 10’.  

b) Passage de l’Avre. - Aussitôt et sans attendre l’arrivée des Sapeurs du Génie qui doivent établir des ponts, pionniers et chasseurs du 68e B.C.A. se mettent à l’œuvre pour rétablir les passages. Tous ont hâte d’atteindre Moreuil et de ne pas laisser seuls aux prises avec les défenseurs du village les camarades du 28e B.C.A.
Par des moyens de fortune, les 6e et 7e Compagnies franchissent la rivière et commencent le nettoyage de la partie centrale de Moreuil en liaison à gauche avec le 28e B.C.A., pendant qu’un peloton de la 9e Compagnie et 2 S. M. viennent border le talus de la voie ferrée en soutien des Compagnies engagées dans Moreuil.

c) Prise de Moreuil. L’ennemi oppose une très vive résistance dans un combat de rues acharné. De chaque maison partent des coups de fusil, à chaque carrefour se dévoilent une ou plusieurs mitrailleuses (l’une d’elles, dans les ruines de l’Eglise et servie par un officier, ne sera réduite que par la mort de celui-ci).
Mais, rompus à la manœuvre et à la réduction des îlots de résistance (utilisation du tir en marchant), entraînés par leurs Officiers qui, le mousqueton à la main, font le coup de feu, et animés de la volonté de vaincre, les chasseurs progressent malgré tout, s’emparant du village, maison par maison, rue par rue.
A 8 h. 40’, toute la partie de Moreuil qui doit être conquise par le 68e B.C.A. est entre nos mains, la liaison établie avec le 28e (Ouest) et le 17e (Est.).
Mais le 64e B.C.A. n’a pas encore atteint Moreuil ; alors commence le nettoyage par les Chasseurs du 68e de la partie
S.-E. du village. Prenant à leur compte une partie des objectifs du 64e, ils s’avancent, en combattant, à sa rencontre et bientôt les deux Bataillons font leur jonction aux abords du Château.

Butin.
Plus de 240 prisonniers (dont trois officiers et 13 sous-officiers), une vingtaine de mitrailleuses, treize grenatenwerfer, quatre minenwerfer, quatre caissons de 77, une quantité considérable de munitions, fusils, appareils divers, sont restés entre nos mains.
Environs 25 blessés sont passés au P.S. du Bataillon et une trentaine de cadavres (dont 2 officiers) ont été rassemblés.
Mais il est certain que ce chiffre serait très sensiblement augmenté si l’on pouvait dénombrer ceux qui sont enfouis sous les décombres ou brûlés dans les sapes.

Pertes.
La vigueur avec laquelle l’assaut proprement dit a été mené, l’habileté manœuvrière développée pendant le nettoyage de Morisel et de Moreuil ; l’aide extrêmement efficace des lance-flammes dont la conduite a été au-dessus de tout éloge, l’action personnelle des officiers (2 Commandants de Compagnie tuant sur leurs pièces les mitrailleurs qui gênaient la progression de leur compagnies) nous ont permis d’atteindre nos objectifs avec des pertes relativement légères : 9 tués, 28 blessés.
A celles-ci doivent s’ajouter les pertes subies pendant le 9 (explosion due à un incendie de munitions ; bombes d’avions) soit 1 tué, 6 blessés.

A peine sortis du combat, les chasseurs du 68e sont au travail et réparent les routes conduisant de Moreuil vers Villers-aux-Erables et Plessier-Rozainvillers.

Chacun d’eux est prêt à un nouvel effort.

De pareils succès fortifient leur moral et celui-ci autorise tous les espoirs que leurs Chefs peuvent fonder sur de tels soldats.

8 août 1918.  
Signé : de VERDILHAC



 

La FERME
coupée en 2

  Mise à jour le : 30-Jan-2011